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Trois générations pour un lapin.

11 Janvier 2019, 15:17pm

Publié par judithgueyfier.over-blog.com

Recette familiale passée de ma grand mère, à mon père, à mon frère...

Etel, 6 janvier.
 

Nous restons à Etel, lieu des deux derniers articles, à lire ci dessous, autour de mon père Thierry et de ma grand-mère Andrée.

Pour cette recette, nous allons les retrouver, ainsi que mon frère Glenn.

Le jardin de Sabine et Thierry, à Etel.

Le jardin de Sabine et Thierry, à Etel.

A l’origine, ma grand-mère préparait cette recette avec du lapin sauvage, du lapin de garenne, quand mon grand-père, chasseur, en rapportait. Andrée utilisait la béchamel pour atténuer le goût fort de l’animal sauvage. Il y avait aussi du faisan, cuisiné avec des pommes, de la crème, pour les mêmes raisons. Je me souviens avoir craché des petits plombs dans mon assiette, et j’entends le bruit des billes, de la grenaille, roulant sur la céramique…

 

Mes grands-parents élevaient aussi des lapins quand j’étais enfant, en plus des poulets.

Mon grand-père François s’amusait à me faire peur en m’appelant quand, ayant égorgé l’animal, il s’apprêtait à lui arracher la peau d’un coup sec!

 

Thierry et Glenn ont plaisir à préparer ce lapin recouvert de moutarde, d’oignons, de béchamel, et à faire des frites en accompagnement, pour les tremper dans la sauce!

 

Ce matin, à ma demande, Glenn et Thierry s’activent dans la cuisine pour que je puisse écrire et dessiner ce fameux lapin à la moutarde.

Les oignons du jardin d'Andrée, le couteau de Thierry.

Les oignons du jardin d'Andrée, le couteau de Thierry.

Mon frère s’attaque à une montagne d’oignons. Ils sont rosés, un peu plat, ils ont poussés dans le jardin d’Andrée. Il les épluche, puis les émince avec précision. Je dessine ses mains tatouées.

 

Glenn est comme moi, très manuel.

Il a essayé plein de métiers : construire, fabriquer, pétrir, dessiner, souder, peindre… Aujourd’hui il travaille le métal. Son côté artistique s’exprime aussi par sa passion des tatouages, dont il a le corps quasiment recouvert.

Les mains de Glenn

Les mains de Glenn

Pendant ce temps Thierry découpe le lapin, rapidement et avec dextérité. Nous disposons d’une bonne dizaine de couteaux qu’il soigne, aiguise avec soin, pour travailler ses poissons, lever des filets, émincer, tailler, couper. Certains sont de simples Opinel avec une lame en acier, mais ils sont très tranchants. Ma grand-mère utilise le même couteau, mais la lame de son Opinel s’est réduite à 5 millimètres de largeur! Un couteau d’une vie…

 

Quand je dessine mon père, mon frère le chahute :

Glenn : Fait lui un peu de cheveux quand même!

Thierry : C’est ça, fous toi de ma gueule!

 

Le retour de bâton ne se fait pas attendre :

Thierry : Arrête de bouffer, après t’auras plus faim...

Glenn : Ouais mais j’ai la dalle!


Ils se titillent mais se partagent les tâches naturellement. Thierry recouvre les morceaux de viande des oignons émincés par Glenn, il assaisonne le plat, surveille sa cuisson pendant que Glenn prépare la béchamel, puis s’occupe d’éplucher et couper les pommes de terre, qui elles aussi ont poussées dans le jardin d’Andrée, en vue de préparer des frites.

A gauche, Glenn prépare frites et béchamel, à droite Thierry s'occupe du plat de lapin à la moutarde

A gauche, Glenn prépare frites et béchamel, à droite Thierry s'occupe du plat de lapin à la moutarde

Ce midi nous allons partager ce plat tous ensemble, avec finalement autour de la table, quatre générations, de ma grand-mère à mon fils Solal.


 

Lapin à la moutarde

pour 8 personnes

 

Un lapin et demi

10 petits et moyens oignons

Un petit bouquet de persil plat

Moutarde

Un litre de lait

80 grammes de maizena

90 grammes de beurre

Huile

Sel

Poivre

 

Découper le lapin en morceaux puis les enduire de moutarde, et les disposer dans un grand plat allant au four. Recouvrir d’oignons découpé finement, saler, poivrer. Arroser d’un filet d’huile de tournesol, et parsemer de petits bouts de beurre (50 g).

Mettre au four à 180° pendant 45 minutes.

Hacher le persil plat, puis préparer la béchamel.

Faire fondre 40 g de beurre, avant qu’il ne roussisse, ajouter la maïzena, bien mélanger. Ajouter le lait petit à petit en mélangeant bien avec le fouet. Quand la totalité du lait a été ajouté à la casserole, continuer de mélanger jusqu’à ce que la béchamel épaississe. Saler, poivrer.

Quand le plat qui est au four et les oignons sont bien dorés, parsemer de persil plat, puis recouvrir de béchamel.

Replacer le plat au four 20 minutes.

 

Servir bien chaud avec des frites maisons!

Portrait de Glenn... avant la sieste?

Portrait de Glenn... avant la sieste?

Vous aurez peut être remarqué que ma mère, Sabine, n'a pas été très présente dans la cuisine... Cela ne l'empêche pas d'être gourmande, et de choisir le vin :

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Le far d’Andrée

6 Janvier 2019, 14:53pm

Publié par judithgueyfier.over-blog.com

 

Une recette bretonne de toujours, facile à préparer, et très régressive!

Etel, le 5 janvier 2019

 

Andrée c’est ma grand-mère. Ma mamie.

Elle habite à Etel, dans le Morbihan, à côté de mon oncle, et de mes parents.

Je vais la voir à pied, par les petits chemins bordés de pierre et de ronces ou à travers champs, pour éviter la route.

 

Elle a 85 ans et a l’accent des mémés d’ici, un accent chantant, le même que celui des dames qui travaillaient à la conserverie de sardines.

 

C’est toi qu’est là coco, rentre donc! Il a gelé ce matin!

 

Andrée s’occupe seule de sa maison, et de son immense jardin en bonne partie potager.

Elle fait pousser pommes de terre, oignons, poireaux, salades, tomates, ail, haricots... Cet été encore on a pu admirer les plants de potirons qui couraient dans l’herbe…

 

 

Il n’y a pas si longtemps elle élevait des poulets gros comme des dindes. Il fallait la voir courir derrière les poulets pour en attraper un, quand il était temps de le tuer, à savoir, quand il avait avait atteint une belle taille!

Aujourd'hui elle n’a plus de poulet car elle n’a plus assez de force pour les plumer. Je me souviens d’elle maintenant l’énorme poulet au dessus d’une bassine d’eau fumante à bout de bras et arracher les plumes par poignée…

 

J’ai toujours vu Andrée faire. Couturière, je l’ai sans cesse vu travailler, l’atelier de couture installé dans la cuisine, travailler dans le jardin, s’occuper des lapins, des poulets…

 

Elle aime bien me parler de son enfance à Locoal-Mendon, des fêtes campagnardes, de la guerre… Comment on utilisait des échelles posées entre deux tonneaux pour servir de bancs lors des noces… que l’on fêtait dans un champ…

 

Le far, Andrée a appris à le faire enfant, avec sa mère. On le préparait lors de grandes occasions, et on le faisait cuire chez le boulanger, dans le four à pain. Lors des fêtes de villages, chacun apportait sa pâte à far dans un seau, le moule à gâteau sous le bras. La boulangère vérifiait la  consistance de la pâte.

La pâte à far demande à être plus liquide que la pâte à crêpes, qui elle doit napper la cuillère en bois...

Il n’y a pas meilleur que ce far cuit dans le four du boulanger, bien croûté!

 

 

Andrée m’explique que pendant la guerre on ne faisait pas de far, car il n’y avait pas de sucre.

On avait des coupons, pour avoir un kilo de sucre, mais on le troquait pour avoir du beurre. A l’époque ma mère élevait un cochon dans le garage. On cachait nos bêtes. Qu’est ce qu’on était pas obligé de faire!

 

 

Andrée aime bien faire son far pour le partager en famille, et se réjouit toujours de la douce odeur qui embaume la maison quand un far est au four.

Andrée dans sa cuisine

Andrée dans sa cuisine

 

Le far d’Andrée

 

5 cuillères bombées de farine

4 cuillères de sucre

3 oeufs

1 sachet de sucre vanillé

50 cl de lait

Une poignée de raisins secs ou de pruneaux

 

Préchauffer le four à 200°.

Mélanger dans une grande terrine la farine, le sucre, le sucre vanillé. Creuser un puits, casser les œufs, les ajouter et mélanger. Ajouter progressivement le lait en mélangeant bien à la cuillère en bois, pour éviter les grumeaux.

Beurrer un plat de 25cm de diamètre, puis y verser la pâte.

On peut le cuire comme ça, ou ajouter, selon les goûts, des raisins secs ou des pruneaux, alors, quand la pâte est dans le moule à gâteau, y plonger les fruits choisis.

Enfourner et cuire une heure.

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