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Articles avec #gateaux

Le far d’Andrée

6 Janvier 2019, 14:53pm

Publié par judithgueyfier.over-blog.com

 

Une recette bretonne de toujours, facile à préparer, et très régressive!

Etel, le 5 janvier 2019

 

Andrée c’est ma grand-mère. Ma mamie.

Elle habite à Etel, dans le Morbihan, à côté de mon oncle, et de mes parents.

Je vais la voir à pied, par les petits chemins bordés de pierre et de ronces ou à travers champs, pour éviter la route.

 

Elle a 85 ans et a l’accent des mémés d’ici, un accent chantant, le même que celui des dames qui travaillaient à la conserverie de sardines.

 

C’est toi qu’est là coco, rentre donc! Il a gelé ce matin!

 

Andrée s’occupe seule de sa maison, et de son immense jardin en bonne partie potager.

Elle fait pousser pommes de terre, oignons, poireaux, salades, tomates, ail, haricots... Cet été encore on a pu admirer les plants de potirons qui couraient dans l’herbe…

 

 

Il n’y a pas si longtemps elle élevait des poulets gros comme des dindes. Il fallait la voir courir derrière les poulets pour en attraper un, quand il était temps de le tuer, à savoir, quand il avait avait atteint une belle taille!

Aujourd'hui elle n’a plus de poulet car elle n’a plus assez de force pour les plumer. Je me souviens d’elle maintenant l’énorme poulet au dessus d’une bassine d’eau fumante à bout de bras et arracher les plumes par poignée…

 

J’ai toujours vu Andrée faire. Couturière, je l’ai sans cesse vu travailler, l’atelier de couture installé dans la cuisine, travailler dans le jardin, s’occuper des lapins, des poulets…

 

Elle aime bien me parler de son enfance à Locoal-Mendon, des fêtes campagnardes, de la guerre… Comment on utilisait des échelles posées entre deux tonneaux pour servir de bancs lors des noces… que l’on fêtait dans un champ…

 

Le far, Andrée a appris à le faire enfant, avec sa mère. On le préparait lors de grandes occasions, et on le faisait cuire chez le boulanger, dans le four à pain. Lors des fêtes de villages, chacun apportait sa pâte à far dans un seau, le moule à gâteau sous le bras. La boulangère vérifiait la  consistance de la pâte.

La pâte à far demande à être plus liquide que la pâte à crêpes, qui elle doit napper la cuillère en bois...

Il n’y a pas meilleur que ce far cuit dans le four du boulanger, bien croûté!

 

 

Andrée m’explique que pendant la guerre on ne faisait pas de far, car il n’y avait pas de sucre.

On avait des coupons, pour avoir un kilo de sucre, mais on le troquait pour avoir du beurre. A l’époque ma mère élevait un cochon dans le garage. On cachait nos bêtes. Qu’est ce qu’on était pas obligé de faire!

 

 

Andrée aime bien faire son far pour le partager en famille, et se réjouit toujours de la douce odeur qui embaume la maison quand un far est au four.

Andrée dans sa cuisine

Andrée dans sa cuisine

 

Le far d’Andrée

 

5 cuillères bombées de farine

4 cuillères de sucre

3 oeufs

1 sachet de sucre vanillé

50 cl de lait

Une poignée de raisins secs ou de pruneaux

 

Préchauffer le four à 200°.

Mélanger dans une grande terrine la farine, le sucre, le sucre vanillé. Creuser un puits, casser les œufs, les ajouter et mélanger. Ajouter progressivement le lait en mélangeant bien à la cuillère en bois, pour éviter les grumeaux.

Beurrer un plat de 25cm de diamètre, puis y verser la pâte.

On peut le cuire comme ça, ou ajouter, selon les goûts, des raisins secs ou des pruneaux, alors, quand la pâte est dans le moule à gâteau, y plonger les fruits choisis.

Enfourner et cuire une heure.

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Un gâteau d'automne chez Ghislaine

27 Octobre 2018, 22:12pm

Publié par judithgueyfier.over-blog.com

Un portrait gourmand de Ghislaine Roman, auteure de livre pour la jeunesse, et enseignante à la retraite.

 

Toulouse, 20 octobre.
 

Ghislaine vit à Toulouse, dans un quartier résidentiel de petites maisons ouvrières des années 50. Je me rends chez elle sous un beau soleil d’automne. Je pousse le petit portail rouge, et aperçoit une colonie de petits pots de plantes grasses, des pousses de figuiers entre deux dalles, je sais que Ghislaine adore jardiner…

 

Quand je frappe à la porte, j’entend le joyeux j’arriiiiiiive de Ghislaine.

 

 

Un gâteau d'automne chez Ghislaine

A peine passé la porte, nous nous retrouvons dans la cuisine, ouverte sur le salon, qui donne lui même sur le beau jardin de Ghislaine, à l‘arrière de sa maison.

Sur le plan de travail, dans un pot en grès, trône un gros bouquet de cuillères et spatules en bois. J’ai tout de suite envie de dessiner ces objets patinés, de l’ocre au marron foncé… Ghislaine retire du pot une cuillère en bois foncé, qui a fondue pour plus de moitié, à force de remuer des préparations.

Cette cuillère je la connais depuis toujours… Je ne l’utilise plus car elle commence à perdre des petits morceaux de bois! La cuillère de ma maman...

 

Autour d’un thé, Ghislaine ouvre son petit carnet de cuisine, aux recettes annotées à la main. Dans un classeur, elle conserve précieusement les fiches écrites par sa mère à son attention, elles sont signées ta maman, avec des recettes principalement sucrées : marmelade d’oranges et confiture de châtaignes attirent mon attention!

 

On sent que les liens avec sa mère ont été très forts, on sent cet attachement profond, de la complicité. Je les imagine toutes les deux, riant autour d'une bassine à confiture fumante!

 

Ghislaine a choisi de partager avec nous une recette de gâteau qui lui a été transmise par une collègue, Anne-Marie, quand elle était jeune enseignante, dans les années 70.

C’était une femme très traditionnelle, très vieille France, mais je l’aimais beaucoup... Elle m'a dit : Je vais te donner une recette économique, c’est ce qu’on disait au jeunes filles autrefois!”

 

Ghislaine me montre son petit carnet :

Cette base là, 12 cuillères de farine, 9 de sucre, 9 de lait froid, je m’en sers toujours, sauf le lait. C’est à dire que cette ossature de recette, je l’ai déclinée, et fais varier avec plein de trucs, tout le temps. Évidemment, j’ai transmis ça à ma fille, qui adore la cuisine aussi, et maintenant elle a plein de copines qui font le même.

Si tu as cette base là, tu fais un gâteau!

 

Et on comprend que le gâteau d'Anne-Marie a évolué au fil du temps...

Maintenant, au lieu de mettre trois oeufs, j’en met quatre, les oeufs étaient entiers, je les sépare et je bat les blancs, je ne met pas de lait, mais je met une cuillère de crème fraîche, et souvent je ne fais pas le caramel, par contre je rappe une pomme... Ma fille fait ce gâteau avec du chocolat... voilà!

Cet après-midi là, Ghislaine m'aura appris ce que ça veut vraiment dire de faire blanchir les jaunes d'oeufs et le sucre!

Cet après-midi là, Ghislaine m'aura appris ce que ça veut vraiment dire de faire blanchir les jaunes d'oeufs et le sucre!

Le gâteau d’Anne-Marie

Ingrédients

9 cuillères à soupe de sucre

4 oeufs

8 cuillères à soupe de farine

une poire et demi

2 cuillères à soupe et demi de poudre de noisette

2 cuillères à soupe de crème fraîche liquide

1 sachet de levure

une lichette de rhum brun

15g de beurre

 

Pour le glaçage

1 grosse cuillère de mascarpone

10 cl de crème fraîche liquide

1 cuillère à soupe de sucre glace

 

Mettre le sucre dans une jatte, séparer les blancs et les jaunes d’oeufs.

Mélanger le sucre et les jaunes d’oeufs, faire blanchir à la cuillère en bois, pendant 15 bonnes minutes. Il faut que le mélange épaississe et blanchisse vraiment. Ajouter 2 cuillère à soupe de poudre de noisettes. Placer un petit tamis au dessus de la jatte, et ajouter la farine au fur et à mesure. Quand cela devient difficile à mélanger, ajouter la crème fraîche. Ajouter la levure, une lichette de rhum brun, et la poire coupée en petits morceaux.

Préchauffer le four à 180°.

Monter les blancs en neige ferme, puis les incorporer délicatement à la pâte avec une spatule.

Beurrer un moule à gâteau de 25 cm de diamètre environ, y verser la pâte et enfourner 35 minutes.

Un gâteau d'automne chez Ghislaine

Pour le glaçage, battre au fouet tous les ingrédients jusqu’à ce que le mélange épaississe. Appliquer sur le gâteau refroidi (sinon le glaçage va fondre) avec une spatule coudée, ou une cuillère tout simplement. Quand le glaçage est réparti, saupoudrer de poudre de noisette.

Placer au frais une heure avant de servir le “gâteau d’Anne-Marie”.

Glaçage du gateau, et le fameux bouquet de cuillères en bois!

Glaçage du gateau, et le fameux bouquet de cuillères en bois!

Un très grand merci à Ghislaine, qui a été la première a m'accueillir dans sa cuisine dans ce projet, merci à elle d'avoir partagé avec moi ce moment, et cette recette, porteuse de transmisson et de beaucoup d'amour!

Le dernier album de Ghislaine Roman s'appelle "Norig et l'or de l'île", illustré par Sophie Lebot, aux Editions Saltimbanque.

Son site : http://www.ghislaineroman.fr/

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